Paroles vivantes · Extrait de Lecture
De sa libéralité et de sa générosité
Dans cet article
Traces lumineuses du Bien-Aimé ﷺ — VII
وَمَا أَنفَقْتُم مِّن شَيْءٍ فَهُوَ يُخْلِفُهُ « Toute dépense que vous faites, Il la remplace. » — Coran 34:39
Le Prophète ﷺ était le plus généreux et le plus libéral des hommes. Durant le mois de Ramadan, la tradition le compare au vent lâché : rien ne s’arrêtait à lui, rien ne restait entre ses mains.
Le témoignage de ʿAlī
ʿAlī, que Dieu soit satisfait de lui, décrivait ainsi son maître :
« C’était l’homme le plus généreux, le plus ouvert, le plus sincère dans la parole, le plus fidèle à ses engagements. Il avait le tempérament le plus agréable et formait la meilleure et la plus noble des compagnies. Celui qui le rencontrait par surprise éprouvait aussitôt une crainte respectueuse ; celui qui le fréquentait l’aimait. Je n’ai jamais vu son pareil, ni avant lui ni après. »
Deux effets opposés, produits par le même homme : la crainte à la première rencontre, l’amour à la fréquentation. Le premier vient de la majesté ; le second, de la douceur.
Trois manières de donner
Donner tout ce qu’on demande. On ne lui demanda jamais rien au nom de l’islam sans qu’il le donnât. Un homme reçut un troupeau si vaste qu’il remplissait l’espace entre deux montagnes. De retour chez les siens, il leur dit : « Entrez en islam ! Muhammad donne comme un homme qui ne craint pas la pauvreté. »
Donner ce qu’on n’a pas. À celui qui vint solliciter alors qu’il ne possédait rien, il répondit : « Je n’ai rien à te donner. Va acheter en mon nom, nous paierons ce que nous devrons. » L’absence de moyens ne fut pas retenue comme un motif de refus.
Donner en le regrettant de ne pouvoir donner plus. Au retour de Ḥunayn, la foule le pressa tellement qu’il fut acculé contre un arbre et qu’on lui arracha son manteau. Il se redressa et dit :
« Rendez-moi mon manteau ! Si j’avais autant de chameaux que ces arbres, je les partagerais entre vous. Vous ne me trouveriez alors ni avare, ni menteur, ni lâche. »
Méditation
Ce chapitre déplace la générosité de la comptabilité vers la nature.
Nous concevons le don comme une soustraction : je possède, je retranche, il me reste moins. D’où le calcul, l’hésitation, la peur du lendemain. Le vent, lui, ne calcule pas ce qu’il transporte. Il ne retient rien parce que retenir n’est pas dans sa nature.
Le bédouin l’avait compris mieux que bien des savants. Ce qui l’a mené à la foi n’est pas un argument mais une observation : cet homme donne comme quelqu’un qui ne craint pas la pauvreté. Une générosité de cette ampleur ne s’explique que par une certitude sur l’autre monde. Elle est une théologie rendue visible.
D’après Abū Ḥāmid al-Ghazālī, Iḥyāʾ ʿulūm ad-dīn, livre des convenances de la vie et des caractères prophétiques.
اللهم صل على سيدنا محمد وعلى آله وصحبه وسلم