Prophète · Traces lumineuses du Bien-Aimé ﷺ
De sa parole et de son sourire
Dans cet article
Traces lumineuses du Bien-Aimé ﷺ — I
وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَىٰ « Il ne parle pas sous l’empire de la passion. » — Coran 53:3
Il parlait l’arabe, et il le parlait comme personne. Ceux qui l’ont entendu ont cherché des images pour dire l’effet que produisait sa parole ; ils ont retenu celle du collier de perles, où chaque mot se détache, séparé du suivant par un intervalle qui lui donne sa valeur.
Une parole rare
Le trait qui revient le plus souvent chez ceux qui l’ont fréquenté n’est pas son éloquence. C’est sa rareté. Le Prophète ﷺ parlait peu. Ses silences étaient longs, et personne autour de lui ne s’en trouvait gêné.
Quand il parlait, il ne dépassait jamais son but et ne restait jamais en deçà. Ses phrases s’enchaînaient avec une cohérence parfaite, entrecoupées de pauses qui laissaient à celui qui écoutait le temps de recevoir. Sa voix était puissante et mélodieuse, portée sans effort.
Rien d’oiseux ne sortait de sa bouche. Nulle parole pour combler un vide, nulle formule pour se faire valoir, nulle ironie qui blesse. La tolérance était dans le ton avant d’être dans le contenu.
Une parole vraie
Et voici le sommet du chapitre, qui vaut à lui seul une vie de méditation :
Qu’il fût satisfait ou fâché, il ne disait que la vérité.
La colère est le lieu où l’homme se dévoile. C’est là qu’il exagère, qu’il déforme, qu’il dit ce qu’il ne pense pas pour blesser plus fort. La satisfaction est un piège symétrique : on promet trop, on flatte, on embellit. Entre ces deux pentes, la parole prophétique demeure droite, immobile, exacte.
Le sourire
Le texte ajoute un mot qui éclaire tout le reste : il était trop souriant. L’homme qui parlait le moins était aussi celui dont le visage disait le plus. Là où la parole se retirait, le sourire prenait le relais et accueillait.
Méditation
Nous vivons une époque de parole abondante et bon marché. Nous parlons pour occuper l’espace, pour exister aux yeux des autres, pour ne pas supporter le silence. La sunna de la parole nous propose l’inverse : dire peu, dire juste, dire vrai, et laisser le visage faire le reste.
Une règle simple pour commencer, tirée d’un hadith bien connu : celui qui croit en Dieu et au Jour dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise. Le silence n’est pas une absence de réponse. C’est souvent la meilleure.
D’après Abū Ḥāmid al-Ghazālī, Iḥyāʾ ʿulūm ad-dīn, livre des convenances de la vie et des caractères prophétiques.
اللهم صل على سيدنا محمد وعلى آله وصحبه وسلم