Prophète · Traces lumineuses du Bien-Aimé ﷺ
Les noms de ses armes, de ses montures et de ses objets
Dans cet article
Traces lumineuses du Bien-Aimé ﷺ — II
وَمَا مِن دَابَّةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا طَائِرٍ يَطِيرُ بِجَنَاحَيْهِ إِلَّا أُمَمٌ أَمْثَالُكُم « Nulle bête sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne forme des communautés semblables à vous. » — Coran 6:38
Le Prophète ﷺ possédait peu. Mais ce peu, il le nommait. Chaque arme, chaque monture, chaque objet du quotidien portait un nom propre, comme on nomme un compagnon de route.
Les armes
| Objet | Nom | Sens |
|---|---|---|
| Son étendard | al-ʿUqāb | l’aigle |
| Ses épées | Dhū al-Fiqār | le possesseur des vertèbres |
| Mikhdham | la lame tranchante | |
| Rusūb | la résolue | |
| Qaḍīb | l’aiguisée | |
| Son arc | al-Katūm | l’incassable silencieux |
Les montures
| Animal | Nom | Sens |
|---|---|---|
| Sa chamelle | al-Qaṣwāʾ | celle aux longues oreilles |
| al-ʿAḍbāʾ | celle aux oreilles fendues | |
| Sa mule grise | Duldul | l’intraitable |
| Son âne | Yaʿfūr | la gazelle |
| Sa brebis | ʿĪna | le choix |
Les objets
Sa besace portait le nom de al-Kāfūr, le camphre. Il possédait également une cruche dont il se servait pour ses ablutions et pour boire ; les recensions divergent sur son nom, et le texte que nous méditons s’interrompt à cet endroit.
Méditation
On ne nomme pas ce que l’on utilise. On nomme ce avec quoi l’on vit.
Un homme qui appelle son âne « la gazelle » et sa brebis « le choix » n’entretient pas avec eux un rapport d’usage. Il les regarde. Il leur reconnaît une existence propre, un visage, une part dans la louange universelle. Le Coran dit de toutes les créatures qu’elles forment des communautés semblables à la nôtre ; la sunna prophétique le met en pratique jusque dans le vocabulaire du quotidien.
Il y a là une leçon pour notre époque d’objets sans nom, remplaçables, jetables, tenus pour rien. La sobriété du Bien-Aimé ﷺ ne consistait pas à mépriser les choses. Elle consistait à en avoir peu et à les honorer.
Nommer, c’est reconnaître. Et reconnaître les créatures, c’est déjà remercier Celui qui les a faites.
D’après Abū Ḥāmid al-Ghazālī, Iḥyāʾ ʿulūm ad-dīn, livre des convenances de la vie et des caractères prophétiques. Les noms transmis varient légèrement selon les recensions.
اللهم صل على سيدنا محمد وعلى آله وصحبه وسلم